Global Insolvency Outlook : se préparer aux retombées du Moyen-Orient

Ludonomics
4 min ⋅ 27/04/2026

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Global Insolvency Outlook : se préparer aux retombées du Moyen-Orient

Comment l’impact du conflit au Moyen-Orient a-t-il conduit à une réévaluation des insolvabilités d’entreprises pour 2026, quels risques baissiers pour les perspectives d’insolvabilité avons-nous identifiés et quelle est notre analyse régionale détaillée, y compris celle du 28e régime, l’initiative de l’UE visant à harmoniser les lois sur les insolvabilités entre les États membres :

  • Les retombées de la crise au Moyen-Orient feront de 2026 la cinquième année consécutive de hausse des insolvabilités d’entreprises dans le monde. Les effets d’entraînement liés à une croissance plus faible et à une inflation plus élevée en provenance du Moyen-Orient représenteront un tiers de cette hausse. Les implications immédiates pour les marchés de l’énergie, les coûts du transport maritime et les chaînes d’approvisionnement, ainsi que les effets découlant de l’inflation (tels que hausse des prix, réduction de la consommation), les conditions financières et le choc de confiance, ont conduit à relever nos prévisions à +6 % en 2026 pour notre Indice Mondial des Insolvabilités (+2 points de pourcentage par rapport aux attentes d’avant conflit), le pic prévu étant repoussé à 2027. Cela fait suite à une hausse de +6 % en 2025 et repose sur une normalisation progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz d’ici juin.

  • La hausse prolongée des insolvabilités d’entreprises mettra directement en danger 2,2 millions d’emplois dans le monde en 2026 (+94 000 par rapport à 2025), suivie d’une légère baisse en 2027 (-34 000). À l’échelle mondiale, les principaux secteurs à risque sont la construction, le commerce de détail et les services. En 2026, l’Europe dominerait ce total, devant l’Amérique du Nord, les deux atteignant un plus haut sur 12 ans et l’Asie.

  • La situation pourrait empirer avant de s’améliorer : plusieurs chocs géopolitiques et économiques pourraient amplifier significativement les risques d’insolvabilité. Plus le conflit au Moyen-Orient se prolonge, plus les risques d’insolvabilité augmentent, en raison du rôle clé de la région dans l’approvisionnement en ressources essentielles (GNL, engrais, métaux). Les perturbations font grimper les coûts à l’échelle mondiale et fragilisent particulièrement les secteurs énergivores comme le transport, la chimie et les métaux. Les entreprises les plus vulnérables sont celles à faibles marges, fortement endettées, avec peu de pouvoir de fixation des prix ou des besoins en fonds de roulement structurellement plus importants. L’exposition varie selon les régions : l’Asie est la plus touchée, mais les économies développées restent dépendantes des importations d’énergie. En Europe, certains secteurs étaient déjà fragiles avant le conflit. D’autres risques incluent un éventuel éclatement de la bulle IA et des tensions budgétaires, susceptibles d’aggraver encore les défaillances d’entreprises.


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Par Ludovic Subran